L’année 2025 s’est achevée sur une contraction globale de l’activité de 3,8 % illustrant l’absence de reprise structurelle du secteur.
Marquée par des politiques de stop and go qui ont détruit la visibilité, freiné l’investissement et fragilisé l’emploi, les acteurs du bâtiment ont été contraints d’avancer sans boussole, ballottés par des dispositifs mouvants et parfois contradictoires, incapables de planifier leurs activités dans la durée.
Alors, que nous réserve 2026 ?
Des points positifs encourageants :
Sur le plan politique, l’adoption de la loi de finances 2026, soldée par la non-censure du gouvernement éloigne pour un temps le spectre de l’instabilité si préjudiciable aux acteurs économiques.
Sur le plan macro-économique, certains observateurs notent avec satisfaction que le taux de désistement des demandes de prêt pour l’acquisition d’un bien immobilier se rapproche de la normale (25 % environ) alors qu’il approchait les 50 % courant 2025. En d’autres termes, les acheteurs sont là et les banques prêtent.
Sur le plan législatif et réglementaire, la promulgation de la loi de Finances 2026 a fait bouger les lignes.
Dans le neuf :
– le rétablissement du PTZ (Prêt à Taux Zéro), désormais accessible sur tout le territoire et pour toutes les typologies d’habitat devrait enclencher une dynamique positive déjà perceptible sur le marché de la maison individuelle (avec une progression de + 33,5 % par rapport à 2024).
– Si le segment de l’investissement locatif poursuit son décrochage, l’instauration du dispositif Jeanbrun pose les bases d’un cadre fiscal incitatif et stable à même de relancer l’appétence des particuliers vers ce type d’investissement qui demeure l’un des piliers de la chaîne du logement.
– Enfin, elle abaisse de 400 millions d’euros par rapport à 2024 la ponction sur les bailleurs sociaux au titre de la Réduction de loyer de solidarité (RLS).
En rénovation :
– la réouverture depuis le 23/02/2026 des guichets de l’ANAH réactive l’ensemble des aides à la rénovation de l’habitat privé, à savoir MaPrimeRénov’, MaPrime Adapt’, MaPrime Logement Décent.
Plus spécifiquement, en ce qui concerne MaPrimeRénov’, cette réouverture couvre l’ensemble des parcours (parcours par geste, rénovation d’ampleur et MPR Copropriété) et l’ensemble des ménages. Un feu vert attendu par l’ensemble des acteurs qui plébiscitent ce dispositif dont l’impact est déterminant sur les décisions de travaux des particuliers.
Des zones d’ombre persistantes
Pour encourageants soient-ils, ces points positifs ne garantissent pas à eux seuls une reprise structurelle du secteur du bâtiment qui a besoin pour cela d’une vision à moyen et long terme.
Or, le budget 2026 ne laisse que très peu de marge de manœuvre au Gouvernement. Sans cap ni priorités claires, il continue à alourdir la dette et ne prévoit aucune économie structurelle ce qui rendra l’accouchement du prochain budget encore plus douloureux, sur fond de contraintes financières et de tensions politiques grandissantes à l’approche des élections présidentielles.
Et que dire des conséquences, à ce jour totalement imprévisibles, du conflit déclenché conjointement par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran qui potentiellement peut venir briser l’embellie. La prudence reste donc de rigueur.
MaPrimeRénov’ 2026 : le point sur chaque parcours
Le guichet MaPrimeRénov’ est de nouveau ouvert depuis le 23 février 2026 pour l’ensemble des parcours et l’ensemble des ménages. Les règles d’éligibilité et les taux de financement restent inchangés.
Pour rappel MaPrimeRénov’ est la principale aide de l’État dédiée à la rénovation énergétique.
Depuis le 1er janvier 2024, elle est déclinée en trois volets :
– MaPrimeRénov’ parcours par geste,
– MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur (ou parcours accompagné), qui permet de financer au moins deux gestes d’isolation thermique pour un gain de deux classes énergétiques au minimum,
– MaPrimeRénov’ Copropriété, pour la rénovation des parties communes en copropriété et pour les travaux d’intérêt collectif en parties privatives.
Afin de donner une plus grande visibilité à cette aide majeure le réseau Athermys fait le point sur chacun de ses volets.
1 – MaPrimeRénov’ parcours par geste
Ce qui change en 2026 : l’isolation des murs et les chaudières biomasse ne sont plus financées.
Qui peut bénéficier de MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur ?
Cette aide est accessible aux :
-propriétaires occupants
– propriétaires bailleurs,
– usufruitiers,
– titulaires (occupants et bailleurs) d’un droit réel conférant l’usage du bien,
– propriétaires en indivision, si l’ensemble des propriétaires indivisaires ont signé l’attestation sur l’honneur qui désigne le demandeur pour porter les travaux au nom de l’indivision.
Si vous êtes propriétaire bailleur, vous disposez d’un délai maximum d’un an à compter de la date de demande de paiement du solde de la prime pour louer le logement rénové.
A noter qu’un particulier qui détient des parts dans une société civile immobilière propriétaire du logement qu’il occupe, est éligible à l’aide.
En revanche, les nus-propriétaires et les personnes morales ne sont pas éligibles.
A SAVOIR
Vous pouvez également déposer une demande de prime si vous êtes en cours d’acquisition d’un logement. Pour cela, vous devez transmettre le compromis de vente lors de la demande d’aide. Pour toute demande de paiement (demande d’avance, acompte ou solde), vous devrez fournir l’acte de vente définitif.
Conditions de revenus
Le montant de l’aide à laquelle vous pouvez prétendre dépend de votre catégorie de ressources. Il en existe quatre : très modestes, modestes, intermédiaires et supérieurs. Pour connaître votre catégorie, consultez le barème en vigueur sur le site France Rénov.
Vos revenus et ceux de l’ensemble des personnes qui composent votre ménage sont pris en compte, même si vous avez des avis d’imposition distincts.
Les revenus retenus sont les revenus fiscaux de référence de l’année N-1, soit ceux de 2025 pour les demandes faites en 2026.
Choisir un professionnel conventionné RGE
Pour bénéficier de l’aide, il est également obligatoire de recourir à un professionnel conventionné reconnu garant environnemental (RGE) pour réaliser vos travaux.
Quelques points de vigilance avant d’engager vos travaux :
– Vous devez demander un devis à votre professionnel RGE. Ce devis doit mentionner certaines informations (nature des travaux, lieu de réalisation…).
– Le professionnel qui réalise les travaux doit effectuer une visite préalable du chantier pour valider l’adéquation des matériaux et équipements à votre logement.
– La date de la visite doit figurer sur le devis et sur la facture du professionnel.
Une demande de subvention préalable aux travaux
L’éligibilité à la prime est conditionnée à un dépôt du dossier de demande de subvention avant le démarrage des travaux.
Pour ce faire vous devez créer un compte sur le site internet MaPrimeRénov’ pour faire votre demande de prime.
Un conseil : Avant de vous lancer dans la création de votre compte, vérifier la liste des documents et justificatifs que vous devrez obligatoirement joindre à votre demande.
BON A SAVOIR
Pour des travaux urgents, vous pouvez exceptionnellement débuter vos travaux avant de déposer votre dossier en ligne. Cette dérogation est possible dans les deux cas suivants :
– panne de chauffage en période hivernale (du 1er octobre au 30 avril),
– panne de chauffe-eau, toute l’année.
Vous avez jusqu’à deux mois en période hivernale après l’installation du nouvel équipement pour déposer votre dossier. Lors de la demande de prime, vous devrez remplir et joindre l’attestation sur l’honneur disponible sur le site de l’Anah.
Quels sont les logements éligibles ?
Afin de bénéficier de l’aide MaPrimeRénov’ parcours par geste, votre logement doit être :
– occupé en tant que résidence principale au moins huit mois par an,
– construit depuis au moins 15 ans en métropole.
BON A SAVOIR
À titre exceptionnel, il est possible de bénéficier de MaPrimeRénov’ dans un logement de moins de 15 ans pour l’installation d’un nouvel équipement de chauffage et/ou de production d’eau chaude sanitaire en remplacement d’une chaudière au fioul. Les ménages concernés doivent demander simultanément une prime « dépose de cuve à fioul ».
À partir du 1er janvier 2027, les maisons individuelles ayant un DPE avec une étiquette énergétique F ou G n’auront plus accès à MaPrimeRénov’ parcours par geste. Elles pourront néanmoins bénéficier de MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur.
ATTENTION : si vous êtes propriétaire bailleur
Vous devez, en plus des conditions précédemment citées, vous engager à louer votre bien en tant que résidence principale pendant une durée de six ans et dans un délai d’un an suivant la date de demande de paiement du solde de la prime. Si vous ne respectez pas cet engagement, vous devez rembourser une partie de l’aide versée pour chaque année non louée.
Vous devez vous engager à informer votre locataire que des travaux financés par MaPrimeRénov’ Parcours par geste ont été réalisés.
Si vous envisagez de réévaluer le montant du loyer, vous devez également vous engager à déduire le montant de MaPrimeRénov’ Parcours par geste du montant des travaux d’amélioration ou de mise en conformité justifiant cette réévaluation
Quels sont les travaux concernés ?
Sous réserve de recourir à un professionnel RGE pour les réaliser, les travaux suivants sont éligibles à l’aide MaPrimeRénov’ :
Chauffage et eau chaude sanitaire
– raccordement à un réseau de chaleur et/ou de froid,
– chauffe-eau thermodynamique,
– pompe à chaleur air/eau (dont PAC hybrides),
– pompe à chaleur géothermique ou solarothermique (dont PAC hybrides),
– chauffe-eau solaire individuel (et dispositifs solaires pour le chauffage de l’eau),
– chauffage solaire combiné (et dispositifs solaires pour le chauffage des locaux), partie thermique d’un équipement PVT eau (système hybride photovoltaïque et thermique),
– poêle à bûches et cuisinière à bûches,
– poêle à granulés et cuisinière à granulés,
– foyer fermé et insert à bois.
Isolation thermique
– isolation thermique des rampants de toiture ou des plafonds de combles,
– isolation thermique des toitures-terrasses,
– isolation thermique des parois vitrées (fenêtres et portes-fenêtres) en remplacement de simple vitrage.
Autres travaux
– audit énergétique hors obligation réglementaire. Dans ce cas, l’aide ne peut être demandée qu’une seule fois par logement, et est conditionnée à la réalisation concomitante d’au moins un geste de travaux,
– dépose ou comblement de cuve à fioul,
– système de ventilation mécanique contrôlée (VMC) à double flux autoréglables ou hygroréglables. L’aide est conditionnée à la réalisation concomitante de travaux d’isolation thermique.
Quel est le montant de l’aide ?
Le montant du forfait varie en fonction de la catégorie de revenus à laquelle vous appartenez et du type d’opération réalisée. Il est par ailleurs soumis à un plafond de dépense éligible.
A titre d’exemples :
– Pour un ménage aux ressources très modestes dans le cadre de l’installation d’un poêle à granulés, le montant de l’aide est de 1.250 € dans la limite de 5.000 € de dépense. La dépense éligible correspond au coût des travaux ou prestations et des travaux ou prestations induits par ces travaux.
– Pour un ménage aux ressources modestes faisant installer une pompe à chaleur air/eau, le montant de l’aide est de 4.000 € dans la limite de 12.000 € de dépense. La dépense éligible correspond au coût des travaux ou prestations et des travaux ou prestations induits par ces travaux.
BON A SAVOIR
Une demande d’avance peut être accordée dans la limite de 50 % du montant prévisionnel de la prime pour les ménages aux ressources très modestes.
Les montants des aides varient en outre-mer par rapport aux montants indiqués en métropole. Consultez la page dédiée sur le site France Rénov’ ainsi que le guide l’Anah pour en savoir plus.
2 – MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur
Ce qui change en 2026 : un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov’ est désormais obligatoire avant le dépôt de la demande d’aide MaPrimeRénov’, afin de sécuriser les parcours et garantir la qualité des rénovations financées.
Qui peut bénéficier de MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur ?
Cette aide est accessible aux :
– propriétaires occupants,
– propriétaires bailleurs,
-usufruitiers,
– acquéreurs d’un logement (dans ce cas, le compromis de vente est à joindre à la demande),
– titulaires (occupants et bailleurs) d’un droit réel conférant l’usage du bien,
-propriétaires en indivision (sous réserve de la signature de l’attestation indiquant l’accord de tous les indivisaires pour réaliser les travaux et bénéficier de l’aide MaPrimeRénov’),
– propriétaires aux ressources modestes ou très modestes qui hébergent une personne ou un ménage à titre gratuit.
Ne sont pas éligibles à cette aide les nus-propriétaires et les personnes morales.
Notez tout de même qu’un particulier qui détient des parts dans une SCI propriétaire du logement qu’il occupe, est éligible à l’aide.
Logements et travaux éligibles
Afin de bénéficier de l’aide MaPrimeRénov rénovation d’ampleur, votre logement doit être :
–situé en France métropolitaine,
-occupé à titre de résidence principale (occupé au moins huit mois par an),
construit depuis au moins 15 ans,
-classé E, F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE).
Attention
Les propriétaires bailleurs doivent s’engager sur l’honneur à louer leur bien en tant que résidence principale pendant une durée d’au moins six ans et dans un délai d’un an suivant la demande de la prime. Si un propriétaire cesse de louer le logement avant cette durée, il devra rembourser une partie de l’aide perçue (1/6 de l’aide perçue pour chaque année non louée).
Pour les propriétaires occupants, le logement devra être la résidence principale pendant une durée d’au moins trois ans à compter de la date de demande du solde de la prime.
Pour être éligibles, les travaux doivent concerner :
– l’isolation thermique des murs,
– l’isolation thermique des planchers bas,
– l’isolation thermique de la toiture,
-l’isolation thermique des menuiseries extérieures,
– la production de chauffage ou d’eau chaude sanitaire, ou la ventilation.
Les travaux engagés doivent par ailleurs satisfaire certains critères :
– gagner au moins deux classes énergétiques au logement (de F à D, par exemple),
– inclure au moins deux gestes d’isolation (toiture, fenêtre/menuiserie, sols ou murs) dans le programme de travaux,
–ne pas prévoir d’installer un chauffage fonctionnant majoritairement aux énergies fossiles.
En outre :
– Il est interdit de garder un chauffage fonctionnant au fioul ou au charbon,
– les équipements et matériaux éligibles doivent respecter certains critères techniques,
– Il est indispensable de faire appel au dispositif Mon Accompagnateur Rénov’ pour bénéficier de l’aide,
– les travaux réalisés doivent correspondre à l’audit énergétique réalisé en amont des travaux.
BON A SAVOIR
Il est possible de financer des travaux pour lutter contre l’inconfort d’été. Ces travaux se distinguent en deux catégories : les brasseurs d’air fixes de plafond et les protections solaires de parois vitrées.
Quel est le montant de l’aide et comment est-elle calculée ?
Méthode de calcul
L’aide se calcule en multipliant le taux de prise en charge par le montant hors taxes des travaux éligibles (correspondant au coût du matériel éligible, pose comprise). Ce montant ne tient pas compte des remises, ristournes ou rabais proposés par les entreprises.
L’aide est écrêtée. Cela signifie qu’en additionnant l’ensemble des aides que vous percevez en plus de MaPrimeRénov’ pour effectuer ces travaux, le montant total des aides perçues ne pourra pas dépasser un certain pourcentage de votre montant total de travaux.
Montant de l’aide
Le tableau ci-dessous précise le montant de l’aide que vous pouvez percevoir à partir du 30 septembre 2025, en fonction des travaux engagés et de vos revenus.
|
|
Ménages aux revenus très modestes MaPrimeRénov’ Bleu |
Ménages aux revenus modestes
MaPrimeRénov’ Jaune |
Ménages aux revenus intermédiaires MaPrimeRénov’ Violet |
Ménages aux revenus supérieurs MaPrimeRénov’ Rose |
|
Gain de 2 classes |
80 % dans la limite d’un plafond de dépenses éligibles de 30 000 € (HT) |
60 % dans la limite d’un plafond de dépenses éligibles de 30 000 € (HT) |
45 % dans la limite d’un plafond de dépenses éligibles de 30 000 € (HT) |
10 % dans la limite d’un plafond de dépenses éligibles de 30 000 € (HT) |
|
Gain de 3 classes |
80 % dans la limite d’un plafond de dépenses éligibles de 40 000 € (HT) |
60 % dans la limite d’un plafond de dépenses éligibles de 40 000 € (HT) |
45 % dans la limite d’un plafond de dépenses éligibles de 40 000 € (HT) |
10 % dans la limite d’un plafond de dépenses éligibles de 40 000 € (HT) |
|
Écrêtement (TTC) |
100 % |
90 % |
80 % |
50 % |
BON A SAVOIR
Vous avez la possibilité de cumuler l’aide MaPrimeRénov’ avec l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) pour financer vos travaux. Il permet de financer le reste à charge des travaux dans la limite de 50.000 €.
3 – MaPrimeRénov’ Copropriété
MaPrimeRénov’ Copropriété est un dispositif d’aide financière mis en place par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) pour soutenir les syndicats de copropriétaires dans leurs projets de rénovation énergétique.
Cette aide concerne les travaux sur les parties communes et les équipements communs des immeubles, mais aussi sur les parties privatives lorsqu’ils présentent un intérêt collectif.
Quelles sont les copropriétés éligibles à MaPrimeRénov’ Copropriété ?
La copropriété doit remplir les conditions suivantes :
– Être immatriculée et à jour au registre national des copropriétés.
– Être composée d’au moins 65 % de résidences principales (pour les copropriétés de 20 lots ou moins) ou d’au moins 75 % pour les copropriétés de plus de 20 lots.
-Avoir été construite depuis au moins 15 ans à la date de notification de la décision d’octroi de MaPrimeRénov’ Copropriété. Ce délai démarre à la date d’achèvement de l’immeuble. Ce délai peut ne pas être exigé pour les travaux d’accessibilité.
Les copropriétés dites « fragiles » peuvent obtenir une majoration de l’aide si :
– Elles présentent un taux d’impayés de charges d’au moins 8 % du budget voté deux ans avant la demande (soit N-2),
– ou sont situées dans un quartier identifié par le Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU).
Quels sont les travaux concernés par MaPrimeRénov’ Copropriété ?
Les principaux travaux éligibles* sont les suivants :
– isolation,
– étanchéité,
– ventilation,
-chauffage collectif,
-réseaux d’eau, etc.
Accédez à la liste complète des travaux éligibles
Notez que les travaux qui ne sont pas dans cette liste peuvent être acceptés par l’Anah au cas par cas lorsqu’ils sont nécessaires pour répondre aux besoins spécifiques de la copropriété.
* Les copropriétés situées en outre-mer ne sont pas concernées par ce seuil, car elles relèvent d’une réglementation particulière.
BON A SAVOIR
L’installation de chaudières à combustion fossile (gaz) reste temporairement éligible si les travaux ont été votés en assemblée générale avant le 30 juin 2025 et la demande d’aide déposée avant le 30 septembre 2025.
Les travaux doivent viser un gain énergétique minimal de 35 % (ou 15 % dans le cadre d’une expérimentation pour petites copropriétés éligibles : voir plus bas).
Les travaux doivent être réalisés par un professionnel reconnu garant de l’environnement (RGE). Une évaluation énergétique est obligatoire avant et après travaux pour justifier le gain.
Le syndicat des copropriétaires doit être accompagné par un opérateur assurant une prestation d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO). L’AMO accompagne et délivre des conseils dans l’élaboration du projet de travaux, le montage du dossier de demande d’aide, le suivi des travaux, etc.
L’aide prend en charge 50 % du montant de la prestation dans la limite d’un plafond de :
– 600 € hors taxes (HT) par logement pour les copropriétés de plus de 20 logements avec un montant plancher de 3.000 €,
-ou 1.000 € HT par logement pour les copropriétés de 20 logements ou moins avec un montant plancher de 3 000 €.
Pour les travaux dont le montant dépasse 100.000 €, une mission de maîtrise d’œuvre complète réalisée par un maître d’œuvre professionnel est également exigée.
IMPORTANT
La demande d’aide financière relative à la prestation d’AMO peut être déposée avant la demande d’aide MaPrimeRénov’ Copropriété.
Quel est le montant de MaPrimeRénov’ Copropriété ?
|
Tableau des montants de l’aide |
||
|
Travaux réalisés |
Montant de l’aide |
Plafond par logement |
|
Gain énergétique ≥ 35 % |
30 % du montant des travaux |
25 000 € |
|
Gain énergétique ≥ 50 % |
45 % du montant des travaux |
25 000 € |
|
Bonification sortie du statut de passoire énergétique (F ou G avant les travaux → A à D après les travaux) |
+10 % |
– |
|
Bonification copropriété fragile (avec CEE) |
+20 % |
– |
Lorsqu’il s’agit de travaux d’accessibilité, MaPrimeRénov’ Copropriété finance 50 % des travaux dans la limite d’un plafond par logement de 20 000 €.
BON A SAVOIR
Une expérimentation est en cours pour les petites copropriétés (20 lots d’habitation maximum, dont 65 % de résidences principales) qui ne parviennent pas à atteindre les 35 % de gain énergétique demandés. Un gain énergétique de 15 % est exigé.
Pour savoir si une copropriété peut accéder à cette expérimentation, renseignez-vous auprès d’un conseiller France Rénov’.
Des primes individuelles pour les copropriétaires peuvent également être attribuées en cas de travaux de rénovation énergétique.
|
Catégorie de ménage* |
Montant de la prime individuelle |
|
|
Ressources très modestes |
3 000 € |
|
|
Ressources modestes |
1 500 € |
|
* Pour connaître les barèmes de ressources, consultez les informations suivantes selon
si la copropriété est située hors Île-de-France ou en Île-de-France.
|
Plafonds de ressources – Hors Île-de-France |
||||
|
Personnes |
Très modestes |
Modestes |
Intermédiaires |
Supérieures |
|
1 |
≤ 17 173 € |
≤ 22 015 € |
≤ 30 844 € |
> 30 844 € |
|
2 |
≤ 25 115 € |
≤ 32 197 € |
≤ 45 340 € |
> 45 340 € |
|
3 |
≤ 30 206 € |
≤ 38 719 € |
≤ 54 592 € |
> 54 592 € |
|
4 |
≤ 35 285 € |
≤ 45 234 € |
≤ 63 844 € |
> 63 844 € |
|
5 |
≤ 40 388 € |
≤ 51 775 € |
≤ 73 098 € |
> 73 098 € |
|
Par personne supplémentaire |
+5 094 € |
+6 525 € |
+9 254 € |
+9 254 € |
|
Plafonds de ressources – Île-de-France |
||||
|
Personnes |
Très modestes |
Modestes |
Intermédiaires |
Supérieures |
|
1 |
≤ 23 768 € |
≤ 28 933 € |
≤ 40 404 € |
> 40 404 € |
|
2 |
≤ 34 884 € |
≤ 42 463 € |
≤ 59 394 € |
> 59 394 € |
|
3 |
≤ 41 893 € |
≤ 51 000 € |
≤ 71 060 € |
> 71 060 € |
|
4 |
≤ 48 914 € |
≤ 59 549 € |
≤ 83 637 € |
> 83 637 € |
|
5 |
≤ 55 961 € |
≤ 68 123 € |
≤ 95 758 € |
> 95 758 € |
|
Par personne supplémentaire |
+7 038 € |
+8 568 € |
+12 122 € |
+12 122 € |
Les revenus de ceux de l’ensemble des personnes qui occupent le logement sont pris en compte.
Les revenus retenus sont les revenus fiscaux de référence (RFR) de l’année N-1 (soit 2024 pour les demandes faites en 2025).
Comment solliciter MaPrimeRénov’ Copropriété ?
Le syndic de copropriété (ou administrateur provisoire) dépose une demande unique pour l’ensemble des copropriétaires, via la plateforme de l’Anah.
Les étapes :
– Vérifier que la copropriété est bien immatriculée au registre national des copropriétés.
– Voter les travaux à la majorité absolue lors de l’assemblée générale des copropriétaires.
– Désigner un AMO (lors du dépôt de la demande).
–Déposer un dossier unique avec devis, audit énergétique, descriptif détaillé des travaux, etc. (la liste complète des documents à fournir est mentionnée au moment du remplissage du formulaire de demande d’aide en ligne MaPrimeRénov’ Copropriété).
– Attendre la validation de l’aide, envoyée par mail, avant d’engager les travaux.
L’aide est versée au syndic, qui la répartit entre les copropriétaires selon leur quote-part.
MaPrimeRénov’ Copropriété est-elle cumulable ?
MaPrimeRénov’ Copropriété ne se cumule pas avec les aides individuelles de l’Anah.
En revanche, un copropriétaire peut cumuler les aides MaPrimeRénov’ Copropriété et MaPrimeRénov’ s’il souhaite faire des travaux de rénovation énergétique dans son appartement, en complément des travaux réalisés sur la copropriété.
Le plan "Relance Logement", et le nouveau dispositif fiscal Jeanbrun
Relancer la production de logements neufs
Entre décembre 2024 et novembre 2025, les mises en chantier ont diminué de 22 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. Dans le logement social, près de 2,9 millions de demandes restent en attente, illustrant l’ampleur du déficit.
Dans ce contexte, le Premier ministre Sébastien Lecornu a signé, vendredi 23 janvier 2026, un « engagement national pour la production de logements » et fixe des objectifs précis :
– Atteindre 400.000 logements construits par an afin de parvenir à 2 millions de logements d’ici 2030 ;
– Dans le parc privé, viser la construction de 50.000 logements locatifs dès 2026, en complément des programmes dédiés à l’accession à la propriété ;
– Dans le parc social, atteindre 125.000 logements construits par an à partir de 2026.
Ce plan comprend un ensemble de mesures fiscales, financières et réglementaires visant à augmenter le nombre de logements disponibles, partout en France. Le groupement Athermys vous en livre les principales clés.
Simplifier, accélérer et sécuriser la production de logements
Dans le logement social, l’exécutif annonce une hausse inédite des financements :
– 500 millions d’euros supplémentaires destinés à près de 700 bailleurs sociaux, afin d’accélérer la construction comme la rénovation du parc ;
– un nouveau dispositif fiscal « Relance Logement » est créé pour orienter l’épargne des ménages vers la construction de logements locatifs privés (voir ci-après).
Au-delà des enjeux financiers, le Gouvernement considère que les lourdeurs administratives comme le manque de lisibilité freinent la production de logements.
A ce titre, il annonce la poursuite de la simplification du droit de la construction et de l’urbanisme, avec un rapprochement des décisions du terrain, notamment au niveau des maires.
Il prévoit également d’accélérer la transformation des bâtiments tertiaires en logements, de faciliter les travaux de rénovation énergétique afin de remettre sur le marché des biens jusqu’ici classés F et G, ainsi que de soutenir le financement de la rénovation énergétique du parc social.
Le Gouvernement entend par ailleurs sécuriser les propriétaires bailleurs face au risque d’impayés.
En outre, l’État va proposer aux maires volontaires des outils spécifiques afin d’accélérer les projets dans des territoires aux dynamiques particulières. Dans ces « zones à bâtir d’urgence », des dérogations aux normes pourraient être accordées afin de faciliter et accélérer la construction.
Enfin, un projet de loi de décentralisation et de réforme de l’État sera présenté au Parlement, avec un volet destiné à redonner aux élus locaux des capacités d’action sur les politiques du logement.
Le dispositif fiscal « Relance Logement » : comment ça marche ?
Son but : orienter l’épargne des ménages vers la construction de logements locatifs privés.
Disponible pendant les 3 prochaines années, le dispositif fiscal « Relance logement », aussi appelé Jeanbrun (Ministre de la Ville et du Logement), est ouvert à tous les particuliers souhaitant investir dans un logement locatif.
Quels sont les biens concernés ?
Le dispositif concerne les logements situés dans des immeubles collectifs partout en France.
Il est applicable :
– principalement aux logements neufs ;
– mais aussi aux logements anciens, à condition de réaliser des travaux représentant au moins 30 % de la valeur du bien.
Comment fonctionne-t-il ?
Lorsqu’un ménage achètera un appartement pour le mettre en location, il pourra déduire de ses revenus locatifs :
– une partie du prix d’achat du bien ;
– l’intégralité des charges liées à la location : travaux, intérêts d’emprunt, taxe foncière.
Le dispositif permet :
– jusqu’à 12.000 euros d’amortissement par an ;
–jusqu’à 10.700 euros de déduction des autres revenus (salaire, pension de retraite…).
Quelles sont les conditions à respecter ?
Pour bénéficier du dispositif, plusieurs conditions doivent être respectées :
– le logement doit être situé dans un immeuble collectif ;
– le bien doit être loué en tant que résidence principale pendant une durée de 9 ans ;
– un plafond de loyers (intermédiaire, social, très social) doit être respecté.
Attention : les locations dans le cercle familial proche sont interdites.
Exemple concret
Un ménage achète en 2026 un appartement à 180.000 euros. Il investit 30.000 euros de son épargne et emprunte 150.000 euros.
Après 10 ans de détention, le dispositif Relance logement lui aura permis :
– jusqu’à zéro impôt sur les revenus locatifs ;
– 16.000 euros déductibles au titre de l’impôt sur le revenu.
RE 2020 : Nouvelles modifications
Décidemment, la RE 2020 n’en finit pas d’évoluer. Courant janvier deux annonces ont été faites par le Gouvernement sur ce sujet.
La première, traite d’une extension à de nouveaux bâtiments tertiaires, avec publication d’un décret qui en détail les modalités.
La seconde, concerne le lancement d’une consultation publique sur des projets d’arrêté et de décret modifiant la RE2020 suite à la publication du rapport Rivaton.
Ceux-ci viennent juste d’être publiés au J.O.
Le décret n°2020-16 du 15 janvier 2026
Il fixe les exigences de performance énergétique et environnementale applicables aux 13 types de bâtiments tertiaires suivants :
– les médiathèques et bibliothèques ;
– les bâtiments d’enseignements atypiques ;
– les bâtiments universitaires d’enseignement et de recherche ;
– les hôtels ;
– les établissements d’accueil de la petite enfance ;
– les restaurants ;
– les commerces ;
– les vestiaires seuls ;
– les établissements sanitaires avec hébergements ;
– les établissements de santé ;
– les aérogares ;
– les bâtiments à usage industriel et artisanal ;
– les établissements sportifs.
Il concerne plus spécifiquement les cinq exigences de résultat suivantes :
– l’optimisation de la conception énergétique du bâti indépendamment des systèmes énergétiques mis en œuvre,
– la limitation de la consommation d’énergie primaire,
– la limitation de l’impact sur le changement climatique associé à ces consommations,
– la limitation de l’impact des composants du bâtiment sur le changement climatique,
– la limitation des situations d’inconfort dans le bâtiment en période estivale.
Entrée en vigueur : le décret entre en vigueur à compter du 1er mai 2026.
Dans le détail, ce ne sont plus 13 types de bâtiments qui sont concernés mais 27 dans la mesure ou la RE 2020 intègre désormais des modes d’utilisation de certains types de bâtiments tertiaires, puisqu’il distingue par exemple la partie nuit et la partie jour des établissements de santé, les locaux industriels et artisanaux utilisés en 3 x 8 ou seulement de 8 à 18 h, jusqu’au restaurant scolaire proposant 3 repas par jour, 5 jours sur 7…
Publication au J.O. d’un décret et d’un arrêté modifiant les exigences de la RE 2020
Le contexte
Pour tenir compte du rapport Rivaton, deux textes modificatifs ont été mis en consultation le 19 janvier 2026 et jusqu’au 9 février 2026. Trois documents furent publiés et librement accessibles :
– un projet de décret modifiant les exigences de performance énergétique et environnementale des constructions de bâtiment en France métropolitaine ;
– Un projet d’arrêté portant seulement sur les surélévations ;
– Une note de présentation.
Pour rappel, le rapport Rivaton formulait 23 propositions de modification de la RE2020 qui furent soumises à concertation entre août et septembre 2025.
Les recommandations de nature réglementaire visaient notamment à ne pas mettre les maîtres d’ouvrage en situation de renoncer à des enjeux de qualité d’usage (espaces extérieurs, hauteur sous plafond), à la meilleure prise en compte de l’adaptation des bâtiments aux vagues de chaleur partout sur le territoire et à la simplification des surélévations et des IGH.
Les dispositions du projet de décret résultent des concertations menées et du travail technique réalisé par la DHUP en lien avec le CSTB. Elles visent à :
– introduire une modulation permettant que, à partir d’une certaine quantité de balcons/loggias/terrasses en épannelage, le seuil soit rehaussé de manière à compenser les impacts en termes de contenu carbone de ces surfaces d’agrément ;
– Introduire une modulation selon la hauteur sous plafond moyenne du bâtiment, de manière à compenser les impacts dus à la hauteur plus élevée ;
– Adapter les exigences de contenu carbone de la construction pour les immeubles de grande hauteur, qui apparaissent trop difficiles à atteindre au regard des autres contraintes, notamment relatives à la sécurité incendie, qui pèsent sur ces bâtiments :
– Faciliter l’usage de la climatisation lorsque le système de chauffage est imposé (réseau de chaleur urbaine classé) en créant une modulation du seuil carbone pour les bâtiments raccordés à un réseau de chaleur urbaine (RCU) classé et installant un système de refroidissement (pour les logements collectifs), afin de compenser le poids carbone de l’installation de froid ;
– Adapter les exigences énergétiques pour les surélévations d’une surface inférieure à 30 % de la surface initiale du bâtiment pour toutes les typologies hors maison individuelle. Les adaptations sont précisées dans l’arrêté.
Directement inspirés des propositions du rapport Rivaton et des concertations qui ont suivies, le décret n°2026-200 et l’arrêté du 18 mars 2026 parus au J.O. du 20 mars modifient les exigences de la RE 2020. Elles seront applicables au 1er juillet 2026.
Le décret n°2026-200
Dans le but de faciliter la conception des logements et accroître leur habitabilité, le décret module certaines exigences de la RE 2020.
Ainsi, il :
– facilite la conception d’espaces extérieurs en rehaussant le seuil carbone pour les logements avec balcons, loggias ou terrasses dépassant 10 % de la surface de référence ;
– favorise une hauteur sous plafond plus importante en introduisant une compensation carbone pour les bâtiments résidentiels avec une hauteur sous plafond moyenne > 2,5 m jusqu’à 2,9 m. Le texte introduit trois nouveaux coefficients de modulation – MbHSP, McHSP et MiHSP – qui réduisent les exigences de performance énergétique et de poids carbone ;
– soutient le raccordement à un réseau de froid urbain en introduisant une modulation spécifique (25 kg/CO2eq/m2) pour les bâtiments équipés d’une installation de refroidissement actif et raccordés à un réseau de froid urbain ;
– abaisse, pour les IGH le plafond de l’indicateur Icconstruction_maxmoyen en 2028 à 95 % du plafond de 2025 et en 2031 à 95 % de la valeur de 2028.
L’arrêté du 18 mars 2026
Cet arrêté traite désormais la question des surélévations aux côtés des extensions.
En outre, il modifie les niveaux d’exigences sur les performances énergétiques et environnementales des surélévations neuves de bâtiments en France métropolitaine.
Ainsi :
– les exigences environnementales sont réduites pour les extensions de moins de 150 m², ainsi que pour les surélévations inférieures à 150 m² ou représentant moins de 30 % de la surface de référence du bâtiment.
– les projets de surélévation, dont la surface est inférieure à 30 % de la surface initiale du bâtiment ou à 150 m², voient leurs exigences réglementaires allégées : Bbio, confort d’été et charge carbone.